
Être appelé « libéral », en France, frôle l’insulte. Si on fait précéder ce mot par « ultra », c’est quasiment synonyme de « fasciste », montrant bien au passage l’inanité d’un rejet qui conduit à rapprocher ainsi des contraires. Car, pour un libéral, il n’y a rien qui importe plus que la liberté. Est-ce cela que les Français — et les Corses —, dans leur grande majorité, ne supportent pas ?
L’anti-libéralisme des Français, tous courants politiques —ou presque — confondus, n’est plus à démontrer. Il suffit pour le constater de parcourir la presse, d’écouter les hommes et les femmes politiques, d’errer un instant sur les réseaux sociaux, de scruter les propositions des candidats aujourd’hui connus à la prochaine présidentielle. A l’exception, notable, de David Lisnard, personne n’ose se dire libéral, et encore moins articuler quelques propositions en ce sens : réduction du poids de l’Etat, privatisations, confiance dans les entrepreneurs et dans les citoyens. La Corse ne fait pas exception, et certainement pas son courant nationaliste, comme nous l’avions évoqué ici il y a quelque temps. Essayons de faire le point, de remonter aux sources philosophiques de cette haine, et de dégager pourquoi le libéralisme serait en fait la seule réponse juste aux maux de notre temps, et, paradoxalement aux yeux de certains, aux aspirations de la Corse à retrouver un peu de sa souveraineté perdue.
Les maux du libéralisme…
Le premier reproche, et peut être le principal, fait au libéralisme est de développer les inégalités. Et pourtant ! Ni les révolutionnaires de 1789 en France ou de 1755 en Corse, ni les philosophes des Lumières n’ont jamais opposé la liberté et l’égalité. Au contraire, ils savaient, et l’ont écrit en abondance, que seule la liberté politique peut garantir l’égalité de tous ! A condition bien sûr de vivre dans le monde réel, et de ne point confondre égalité et uniformité. Vivre dans le monde réel, cela signifie limiter l’égalité aux domaines où elle est pertinente : égalité devant la loi, égalité des chances. En vouloir plus serait nier les différences constitutives de la nature humaine, serait vouloir niveler la société au risque de faire disparaître toute innovation, serait nier le droit de chacun de vouloir vivre à sa façon, avec ses propres aspirations. Le régime communiste chinois, au moment de la Révolution culturelle, a poursuivi un tel rêve. A quel prix !

Oui, la liberté du commerce, la liberté d’entreprendre, piliers du libéralisme sur son versant économique, induisent des inégalités. Parce que tout le monde ne veut pas payer le prix du risque d’entreprendre, parce que tout le monde n’a pas les mêmes capacités, les sociétés humaines libres hébergeront toujours des inégalités. Même l’idéal communiste formulé par Karl Marx, « A chacun selon ses besoins, de chacun selon ses capacités » n’inclut-il pas de fait des inégalités profondes ? La question pertinente n’est donc pas quel est le régime — libéralisme, étatisme ou collectivisme — le plus susceptible de réduire les inégalités, mais sur quoi se fondent des inégalités « justes ». Les révolutionnaires de 1789 autant que ceux de 1755 en Corse ou que ceux de 1776 en Amérique ont refusé, à juste titre, les inégalités fondées sur la naissance, les privilèges ou les catégories sociales figées. Le meilleur moyen de bannir ces inégalités-là n’est-il pas justement la liberté d’entreprendre et de s’enrichir ? Il y a incontestablement des inégalités aux USA, probablement plus fortes qu’en France. Mais il y eut longtemps là-bas une mobilité sociale incomparablement plus grande qu’en France, même si elle est aujourd’hui en déclin. Ce déclin ne correspond-il pas d’ailleurs à un déclin du libéralisme, sous les coups de boutoirs conjugués d’une gauche sociale — Obama — et d’une droite autoritaire et interventionniste — MAGA1 — bien plus qu’à un libéralisme triomphant ?
Mais revenons à la question des « inégalités justes ». Ce ne sont clairement pas celles fondées sur la naissance, la couleur de peau ou la religion. Mais ce ne sont pas non plus celles fondées sur la proximité avec un appareil d’Etat envahissant. Pierre Bourdieu avait consacré le terme « noblesse d’Etat » pour décrire ces quasi-dynasties de hauts fonctionnaires, se reproduisant à travers les Grandes Écoles. Ce ne sont pas non plus les inégalités fondées sur la proximité par rapport à tel ou tel clan proche du pouvoir. Les seules « inégalités justes » ne sont-elles pas celles dues au travail et au talent, pour peu que ce travail et ce talent soient mis au service de la collectivité ? C’est justement ce que le marché, et lui seul, permet de mettre en évidence. Car un entrepreneur qui crée des produits ou des services inutiles ne survit pas longtemps en tant qu’entrepreneur, sauf à fausser le marché… grâce à des privilèges accordés par l’Etat, le clan ou la force. Ces inégalités-là ont un autre avantage connexe : elles contribuent à motiver le développement d’innovations et donc la mobilité, la fluidité de la société et par tant sa résilience.
D’autres maux sont reprochés régulièrement au libéralisme : l’égoïsme, l’individualisme exacerbé, la toute puissance de l’argent. Il est pratique de pouvoir projeter nos défauts humains sur un système et ainsi nous exonérer de toute responsabilité à cet égard. La réalité est bien différente. Le pouvoir de l’argent n’a pas attendu l’émergence du libéralisme pour se développer. Rappelons que le libéralisme « moderne » est né aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec Locke, Montesquieu ou Adam Smith. Les riches ont-ils attendu cette époque pour chercher à confisquer le pouvoir ?

Osons même affirmer que le libéralisme, s’il reconnaît le pouvoir moteur de l’argent et de l’envie de s’enrichir, est le système qui permet le mieux de vaincre la pauvreté. Malgré tous les cris de la gauche européenne contre Javier Milei — élu, rappelons-le, en décembre 2023 — en Argentine, les chiffres sont là2 : l’inflation — l’« impôt » le plus injuste pour les pauvres — est passée de 211% en 2023 à 35% aujourd’hui, soit mensuellement de plus de 25% en décembre 2023 à moins de 2% en juin 2026 ; le taux de pauvreté est passé de près de 53% au premier semestre 2024 — coût social initial de la politique de Milei — à 28,2% au second semestre 2025, le taux le plus bas depuis 2018, correspondant à la sortie de 11 à 13 millions d’Argentins de la pauvreté ; la croissance économique était de 4,4% en 2025, et le premier excédent budgétaire durable depuis 15 ans a été constaté dans les rapports du FMI 2025-2026. Quel meilleur plaidoyer pour le libéralisme économique ? Quant aux autres péchés régulièrement mis en avant — égoïsme, hyperindividualisme —, prenons le temps de nous y arrêter un instant.
…ou ceux de la social-démocratie ?
Rappelons au passage qu’avant l’arrivée de Milei au pouvoir, c’étaient les péronistes Kirchner et Fernandez qui y étaient : une sorte de social-démocratie à l’argentine, plus conflictuelle et interventionniste encore que la social-démocratie européenne. Mais revenons-en à l’Europe, la France, la Corse.
Tout d’abord, disons clairement qu’il n’y règne aucune forme de libéralisme. Le foisonnement des réglementations, des subventions, des interventions dans l’économie le démontre assez. Et pourtant, notre société en est-elle plus solidaire, moins individualiste, moins égoïste ? Il me semble qu’il est pour le moins permis d’en douter. Ces deux constats devraient suffire à tordre le cou à l’idée selon laquelle c’est le libéralisme qui produit l’hyperindividualisme contemporain.

Allons plus loin. Ce qui fonde la solidarité entre les personnes, c’est la garantie de réciprocité. On est solidaire de notre voisin dans le besoin parce que l’on sait — ou que l’on croit — qu’il sera lui aussi solidaire si nous nous retrouvons à notre tour dans le besoin. La solidarité au sein des villages, en Corse ou ailleurs, que d’aucuns regrettent, n’a pas d’autre raison d’être : elle était vitale pour la communauté, donc pour chacun de ses membres. Il est peut être dommage que cet « altruisme » s’apparente plus à un égoïsme bien compris qu’à une vertu humaniste ou chrétienne, mais des millénaires d’histoire nous rappellent que l’humanité est ainsi faite. Or, l’Etat providence, issu de la pensée social-démocrate, a nationalisé la solidarité. Certes, il a eu des succès indéniables et a contribué à faire reculer la pauvreté, mais il atteint aujourd’hui ses limites. Et comment s’étonner que les liens sociaux finissent par s’y dissoudre ? Point besoin aujourd’hui de connaître son voisin : il est plus efficace de connaître le numéro de téléphone des services sociaux ou des urgences médicales. Le summum de l’individualisme et de l’égoïsme n’est-il pas de se débarrasser de son devoir de solidarité en s’en déchargeant sur l’Etat, donc sur tout le monde ?
Osons même un questionnement. L’hyperindividualisme qui se développe dans les sociétés occidentales quel que soit leur degré — généralement assez faible — de libéralisme n’est-il pas en réalité un refuge, le seul qui reste accessible à l’individu face au Léviathan que sont devenus les États modernes ? Et le libéralisme, en dégraissant l’Etat et en le limitant strictement à ses missions régaliennes, n’ouvrirait-il pas de nouveaux espaces de liberté et de solidarité, bref, de socialisation ?
Platon, Aristote et Protagoras

Le libéralisme moderne naît aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment sous les plumes de Locke et d’Adam Smith. Quelques décennies avant Locke, Hobbes proposait une vision bien différente : pour lui, l’homme est naturellement mauvais et ne peut sortir de la « guerre de tous contre tous » qu’en remettant, par contrat, tous ses droits à un État absolu, le Léviathan. Locke lui répond avec un optimisme mesuré : l’homme possède des droits naturels, dont la propriété de soi, et le contrat social doit être limité et révocable si le gouvernement les viole. Rousseau approfondit l’idée de contrat social, mais dans une direction plus collectiviste : l’homme est naturellement bon, perverti par la société ; le contrat doit donc lui permettre de redevenir « bon », quitte, paradoxalement, à le « forcer à être libre ».

Contemporain de Rousseau, Adam Smith se concentre sur la dimension économique tout en s’inscrivant dans la lignée de Locke. Moraliste avant d’être économiste (voir sa Théorie des sentiments moraux), il théorise le marché et sa « main invisible » : les individus poursuivant leur intérêt contribuent involontairement au bien commun. Confiant dans la rationalité et la moralité relative des hommes, il assigne à l’État un rôle limité mais réel : corriger les excès, rendre la justice et assurer l’éducation. Il inspirera directement l’École autrichienne (Mises, Hayek) et le courant libéral moderne, proche du libertarianisme.
Le libéralisme possède ainsi des lettres de noblesse incontestables. Contrairement à la doxa française dominante, il repose sur une vision humaniste et morale : si l’homme n’est ni naturellement bon ni naturellement mauvais, il est perfectible. Avec Montesquieu, Jefferson et Tocqueville, les libéraux défendent un État limité qui aide les individus à s’améliorer et à mieux vivre ensemble, tout en préservant leur liberté et celle du marché.
Mais ces idées remontent bien plus loin dans l’histoire de la pensée. Pour le mettre en évidence, rien de tel qu’une caricature légère, qui force le trait tout en respectant la vérité profonde de chaque penseur. Ces trois personnages forment le trio fondateur de la pensée philosophique et politique occidentale : Platon, Aristote et Protagoras. Pour simplifier : Platon est le précurseur d’un certain communisme idéal, Aristote celui d’une forme de social-démocratie tempérée, et Protagoras, trop longtemps vilipendé, celui du libéralisme. Explications…

Dans sa République, Platon proscrit la propriété privée, abolit la famille et installe une planification étatique. On m’objectera que son gouvernement par les philosophes est loin de la dictature du prolétariat. Est-ce si sûr ? Après tout, Lénine souligne que le Parti est l’avant-garde éclairée du prolétariat, à qui celui-ci sous-traite sa dictature ! Ajoutons que des cinq modes de gouvernement que distingue Platon — aristocratie, timocratie, oligarchie, démocratie, tyrannie —, la démocratie est juste un peu mieux cotée que la tyrannie, mais à peine. C’est le gouvernement de la Raison, exercé par les meilleurs, qui sera seul capable de libérer les hommes de leurs illusions. Cela ne vous rappelle rien ?
Élève de Platon, mais prenant ses distances avec son maître, Aristote remet l’homme au centre, cet « animal sociable » — zoon politikon, trop souvent abusivement traduit par animal politique —, rétablit la propriété privée, tout en insistant sur son usage social, voire collectif, et promeut un gouvernement faisant une large place aux classes moyennes, tout en reconnaissant le rôle des riches et des compétents. Cet État a pour charge d’assurer le « bien vivre » de ses citoyens, en régulant leur vie commune : du bien vivre au bien-être, il n’y a qu’un pas, comme de l’Etat régulateur à l’Etat providence… Un progrès donc dans la voie de la démocratie, devenue aux yeux d’Aristote le meilleur des régimes, et en même temps une méfiance vis-à-vis des hommes, qui ont besoin d’un État éclairé.

Cette méfiance est bien le point commun entre Platon et Aristote, même s’ils y répondent différemment. Et c’est un point majeur qui les distingue de Protagoras. Ce dernier a une tout autre vision des sociétés humaines. Bien qu’il précède Platon et Aristote, je l’ai gardé pour la fin afin de mieux comprendre la haine de Platon pour lui et ses disciples, les sophistes. Haine alimentée en premier lieu par leur refus de privilégier une quelconque idéologie : « l’homme est la mesure de toutes choses« , affirme Protagoras, rejetant ainsi l’idée d’une Vérité absolue. Haine accentuée par la vénalité des sophistes, qui osaient se faire rémunérer pour leurs leçons de rhétorique ! Et enfin, confirmée par la prétention des sophistes à privilégier l’efficacité sur la vérité, crime ultime pour un philosophe dont la raison d’être est la recherche de la Vérité.
Platon a gagné — du moins jusque récemment — le combat des idées, faisant des sophistes des mercenaires prêts à tout, au point que « sophisme » est devenu synonyme de « raisonnement fallacieux ». Mais qu’y a-t-il de fallacieux à refuser les dogmes et privilégier une approche résolument humaniste, faisant de l’homme un véritable acteur économique, culturel et social ? Car les sophistes ont une éthique qui repose sur l’idée que l’homme peut en permanence s’améliorer par l’apprentissage, que le discours ne sert pas seulement à décrire le monde, mais aussi à le construire, et qu’il n’y a rien de déshonorant, au contraire, à vivre des services que l’on vend, même si ces services sont l’enseignement de la rhétorique. Idées ô combien adaptées à notre temps, qui a vu une réhabilitation des sophistes, entamée au XIXe siècle par Hegel et Nietzsche et poursuivie ensuite en particulier par Barbara Cassin3. Penseurs, selon elle, du langage, de l’efficacité et du pluralisme, les sophistes ne sont-ils pas les ancêtres des libéraux, pour qui le marché, le pluralisme, le rejet des dogmes, l’efficacité pragmatique constituent à la fois le pendant et les conditions concrètes de la liberté ? Ce qui oppose le plus Protagoras et ses disciples d’une part, Platon et Aristote d’autre part, c’est la confiance en la capacité des hommes à réguler eux-mêmes leurs relations sociales, à travers le discours et la négociation. On y retrouve la même distinction, aux adaptations des époques près, qu’entre Locke et Smith d’une part, Hobbes et Rousseau d’autre part.
Retrouver l’amour de la liberté
Ce long détour par la philosophie a un but clair : rappeler que le libéralisme n’est pas ce système sans foi ni loi que se plaisent trop souvent à décrire les classes politiques française ou européenne, mais repose bel et bien sur un véritable humanisme, dont la confiance en l’homme et en sa capacité à s’améliorer et à réguler ses relations sociales sans puissance tutélaire excessive est la pierre angulaire.
Mais il semble que nous ayons perdu le goût de la liberté ! Trop longtemps bercés par un État tutélaire avant d’être providence, sommes-nous devenus, comme le suggérait La Boétie, des esclaves volontaires4 ? Est-ce pour cela que nous avons caricaturé à l’extrême le libéralisme, comme Platon avait caricaturé les sophistes ?

Je m’adresse ici tout particulièrement aux Corses qui aspirent à ce que la Corse recouvre sa liberté et sa souveraineté. Cela ne sera possible qu’en secouant non seulement le joug de l’Etat français, mais aussi celui de sa doxa dominante. Le libéralisme n’est pas l’ennemi des peuples. Ce sont au contraire les empires, les oligarchies, les trusts monopolistiques qui le sont. Ceux qui me connaissent savent que je n’ai rien d’un requin prêt à tout sacrifier pour s’enrichir. Et pourtant, je suis profondément libéral et convaincu que le libéralisme est la voie royale pour l’émancipation des personnes comme pour celle des peuples. La subsidiarité généralisée que nous promouvons sur Liassi s’inscrit clairement dans la lignée de Protagoras, Locke, Jefferson ou John Dewey et non dans celle de Platon, Hobbes ou Rousseau.
L’exemple argentin vient apporter à ces considérations philosophiques la preuve que le libéralisme, dans la réalité, fonctionne et permet de sortir de la pauvreté. C’est aussi ce dont la Corse a besoin. J’entends déjà l’objection classique : le libéralisme, ce serait accepter que des riches étrangers s’accaparent la terre corse et ses richesses. Cette crainte mérite d’être entendue et prise au sérieux. Trois réponses à cela.
D’abord, pas besoin de libéralisme pour cet accaparement : la France n’est clairement pas un pays libéral, et pourtant la terre corse échappe de plus en plus aux Corses.
Ensuite, sur le fond : pour que des étrangers accaparent la terre corse, il faut d’abord que des Corses la leur vendent. Or, la plupart du temps, ce n’est pas de gaité de cœur. Contribuer à leur ouvrir d’autres possibilités d’enrichissement légitime serait la meilleure défense qu’une économie libérale pourrait apporter à la terre corse. Aujourd’hui, c’est principalement la spéculation foncière — et un peu le tourisme — qui offre des opportunités. Dans une Corse libérale, les possibilités d’entreprendre dans l’agroalimentaire, la high-tech ou les services ne manqueraient pas.

Enfin, le libéralisme, j’espère l’avoir démontré, ce n’est pas l’absence de loi. La loi y a pour objet de protéger durablement la liberté des citoyens, Corses en l’occurrence. Ainsi, la Suisse, pays riche et libéral, protège sa terre par la Lex Koller (loi fédérale du 16 décembre 1983 sur l’acquisition d’immeubles par des personnes à l’étranger, plusieurs fois modifiée depuis), qui encadre très fortement les acquisitions foncières des non-résidents. La Suisse, très libérale économiquement, protège souverainement son foncier. Le libéralisme n’est donc pas l’ennemi, et il peut même être le meilleur allié d’une Corse visant à redevenir souveraine.
Comment un peuple épris de liberté, qui s’inscrit dans les pas de Pasquale Paoli, peut-il se tromper, ou se laisser tromper, à ce point ? La réponse est sans doute à chercher du côté de la puissance qui l’a soumis il y a deux siècles et demi. Espérons que les Corses finiront par s’en rendre compte et renoueront avec leur amour de la Liberté, au-delà de leurs peurs. La subsidiarité, la souveraineté de la Corse et le libéralisme sont un seul et même combat.
- Make America Great Again, slogan inventé par Ronald Reagan, repris par Donald Trump. ↩︎
- Sources : INDEC (Institut de la statistique argentin) ; FMI ; Banque mondiale ; UBS Global Wealth Report. ↩︎
- Philosophe française née en 1947, spécialiste reconnue de la philosophie grecque ancienne et de la rhétorique. Elle est membre de l’Académie française depuis 2018. ↩︎
- Etienne de la Boétie : Discours de la servitude volontaire ↩︎
