Ni renoncement, ni choc frontal : la voie corse
Ce résumé est, par essence, un peu schématique et donc parfois brutal ! Lisez la version intégrale pour les développements plus argumentés, sur ce sujet à la fois important et complexe.
Nous vivons depuis plus de vingt ans dans une Troisième Guerre mondiale de nature civilisationnelle. Elle ne ressemble ni à la Première, impériale, ni à la Seconde, idéologique. Son axe principal oppose l’islamisme politique – et non l’islam – à la civilisation humaniste et laïcisée occidentale.
Comme la Guerre froide fut la continuation de la Seconde Guerre mondiale par d’autres moyens, le conflit actuel prolonge le XXe siècle tout en y ajoutant une dimension nouvelle : un affrontement entre civilisations. Le 11 septembre 2001 en marque probablement le début symbolique fracassant, même si les historiens futurs trancheront. Entre la « fin de l’histoire » provoquée, selon Fukuyama, par la fin de la Guerre Froide et Le Choc des civilisations de Huntington, moins de dix ans se sont écoulés – laps de temps comparable à celui qui sépara la fin de la guerre civile russe, épilogue de la Première Guerre mondiale, du début de la guerre en Mandchourie, prélude de la Deuxième.
L’ennemi n’est pas l’islam, mais l’islamisme
Les Frères musulmans et leurs émules (Hamas, Hezbollah, Houthis, régime iranien) ont fait bien plus de victimes parmi les musulmans eux-mêmes que dans le reste du monde. Leur slogan – « Le Coran est notre constitution, le jihad notre voie, mourir pour Dieu notre plus grand souhait » – révèle une dimension eschatologique qu’aucune idéologie du XXe siècle n’incluait. Ce n’est ni une simple guerre de religion (notre civilisation est laïcisée), ni un conflit idéologique classique : c’est un choc civilisationnel.
Les méthodes de cette guerre sont inédites. Il n’y a plus de front ni d’arrière : le conflit se déroule au milieu des populations et sous l’œil permanent des médias. Notre ennemi n’a, pour le moins, pas la même rationalité que la nôtre : attentats-suicides, massacres du 7 octobre 2023, rhétorique des Gardiens de la Révolution. L’ennemi instrumentalise nos propres valeurs humanistes contre nous : il transforme en armes de guerre notre refus de la haine ou de l’usage disproportionné de la force.
Deux attitudes dominantes, deux voies vers la défaite
La première, majoritaire en Europe, est le renoncement – l’appeasement contemporain. Macron, Starmer, Sánchez ou Simeoni en sont les figures. Dialogue permanent avec l’Iran, ambiguïtés sur Israël, clientélisme électoral : on gagne du temps en espérant que le problème se dissolve. Il ne se dissout pas. Il s’aggrave.
La seconde est le choc frontal indiscriminé. Elle a le mérite de nommer l’ennemi, mais elle confond trop souvent islam et islamisme, immigration et colonisation culturelle. En Corse, elle conduit par exemple un Battini à des alliances contre-nature et à rejeter des habitants qui pourraient pourtant rejoindre une véritable communauté de destin.
Ces deux voies mènent au même résultat : affaiblir notre camp et renforcer l’adversaire.
La troisième voie : sortir du jeu
Pour la Corse, une autre attitude est possible : ni renoncement, ni affrontement aveugle, mais recentrage sur nous-mêmes. Non pas neutralité passive, mais non-belligérance active, à l’image de l’Amérique de Roosevelt entre 1939 et 1941.
Cela signifie :
- Nommer clairement l’ennemi : l’islamisme, pas l’islam.
- Mener le combat culturel chez nous : éducation, transmission de notre histoire et de nos valeurs, intégration exigeante des habitants de l’île, quelle que soit leur origine. La Corse ne produit pas spontanément des Corses ; mais nous pouvons en produire, à condition de nous affirmer activement.
- Refuser les jeux impériaux qui ne nous concernent pas (Russie-Chine, Europe technocratique…).
- Être solidaires sans nous dissoudre : soutien clair à Israël, première ligne contre l’islamisme ; solidarité avec les musulmans qui combattent l’obscurantisme ; vigilance sans paranoïa.
Une Corse indépendante et non-alignée serait mieux armée pour cela. La subsidiarité – décider au plus près du terrain – n’est pas un repli : c’est une stratégie de survie civilisationnelle. Nous ne prétendons pas vaincre l’islamisme à la place des musulmans eux-mêmes. Nous disons simplement : pas chez nous.
La victoire finale viendra lorsque le monde musulman, à son tour, rejettera massivement cette idéologie mortifère. En attendant, notre devoir est de ne pas perdre. Et pour ne pas perdre, la Corse doit choisir le terrain sur lequel elle combat.
