Les révélations du Covid :  la société du mensonge

unnamedCe titre peut paraître exagéré. Et pourtant… Nul besoin de recourir à une quelconque théorie du complot pour se rendre compte que la première victime du Covid a été la vérité. La saga des masques en fut la preuve la plus flagrante. Ensuite, il y eut « le vaccin bloque la transmission du virus ». Et « ces vaccins n’ont pas d’effets secondaires ». En passant par différentes vérités pour le moins approximatives sur le nombre de lits fermés en hôpital, les capacités de plus en plus limitées des Urgences. Sans compter bien sûr la promesse solennelle qu’il n’y aurait pas de pass sanitaire pour aller au restaurant !

Une fois de plus, ce satané virus n’a servi que de révélateur. Et bien sûr les mensonges ne se sont pas arrêtés avec lui. Les discussions sur la réforme des retraites ont été un assaut de chiffres tronqués, voire truqués. La guerre en Ukraine donne lieu à un concours de désinformation, et d’anathèmes quand un journaliste occidental ose interviewer Poutine. Et ne parlons pas de Gaza, où la propagande noie toute tentative de recueil d’information un tant soit peu objective. On pourrait continuer à l’infini la litanie. En y ajoutant les mensonges autour de la loi Immigration, du droit du sol à Mayotte, et bien sûr, pour nous Corses, de l’ineffable — et interminable — partie de poker menteur intitulée “processus de Beauvau”.

Rien de bien nouveau ? Depuis toujours en effet, l’art de gouverner et de diriger, qu’il soit vu par Sun Tzu, Machiavel ou Churchill, s’est toujours appuyé sur le secret. Et qui dit secret dit forcément, de temps en temps, mensonge, ne serait-ce que pour protéger la vérité derrière son rideau. Mais, là encore, ce qui est nouveau est l’ampleur du phénomène. D’aucuns parlent de société de la post-vérité. Mais quel besoin d’inventer un néologisme, si ce n’est pour dissimuler un peu plus… la vérité ? Notre société du spectacle et de la consommation à outrance est simplement devenue aussi une société du mensonge, 

Quand une vérité devient officielle, elle frise le mensonge

400x400_department1Paradoxalement, la première des manifestations de cette société du mensonge est la multiplication des vérités officielles, et de la chasse aux fake news qui l’accompagne. Nul besoin sur la vraie vérité de certificat du gouvernement. Elle s’impose d’elle-même, preuves à l’appui. Qu’elle soit scientifique ou non, la vérité se manifeste dans la confrontation aux faits. Et parfois, dans la libre confrontation d’idées, sans anathème. 

Or, le discours politique aujourd’hui a déserté les faits. Il a quitté le domaine du Logos pour ne garder que l’Ethos et le Pathos. C’est VRAI parce que celui qui le dit est un responsable de haut niveau, ou un expert « reconnu ». C’est VRAI parce que c’est ressenti comme nécessairement tel. Et tant pis si d’autres responsables, d’autres experts disent le contraire. Tant pis si demain le sentiment change. Au besoin, on affichera alors une autre vérité, tout aussi inébranlable. 

Toutes ces accusations, me direz-vous, manquent d’une démonstration rigoureuse. C’est vrai. Parce qu’il est difficile quand on n’est pas soi même expert de mettre le doigt sur des preuves absolues. On en trouve ici ou là, mais même les revues scientifiques laissent passer de la désinformation, comme la célèbre étude du Lancet sur l’hydroxychloroquine. Alors utilisons plutôt un raisonnement par l’absurde. Si tout ce qu’affirment nos gouvernants étaient vrai, quel besoin y aurait-il alors de mettre en place, à coup d’argent public, une véritable police de la vérité comme le sont les chasseurs de fake news et autres observatoires de la conspiration (Conspiracy Watch) ? Et quel besoin de mettre en place des lois restrictives, autrement dit de la censure ? Seules les périodes de guerre ont connu de tels déploiements de moyens pour contrôler l’information. La censure est toujours un mensonge. 

Soyons clairs. Il y a des théories du complot qui frisent le délire. Mais quand toute déviation par rapport à la vérité officielle est qualifiée de complotiste, c’est la vérité qui perd. La France occupe une place à part. En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Suède, des enquêtes officielles post Covid ont été déclenchées. Elles ont parfois fait mal, comme le montrent les mésaventures de Boris Johnson, pour ne citer qu’elles. Elles ont en tous cas fait état de différents points de vue. En France, rien de tout cela. L’INSERM est mis à contribution pour apporter des modélisations auto justificatrices, même quand les faits recueillis par exemple en Suède semblent infirmer le modèle !

Pas vu, pas pris ; vu, pas pris quand-même !

logo-pvpp-300x283Bien sûr, ces mensonges et ces “vérités officielles” ont une fonction. Outre le fait de contribuer à faire croire à l’infaillibilité de nos dirigeants, ils masquent souvent ce qui est pour le moins des conflits d’intérêt. Mensonge rime bien avec corruption. Soyons clairs. La première corruption consiste à mentir pour conserver le pouvoir et ses attributs. Les ors de la République française n’ont rien à envier aux fastes du Versailles du Roi soleil. Mais il en est aussi une autre, celle qui est illégale. Et bien difficile à démontrer, surtout quand la justice n’a d’indépendante que l’apparence. Pourtant, comment ne pas douter de l’honnêteté des contrats européens d’approvisionnement des vaccins Covid alors même que les clauses de ces contrats sont soustraites aux parlementaires ? Comment ne pas douter de l’honnêteté de négociations dont les traces écrites (messages et e-mail) ont mystérieusement été effacées avant qu’une commission d’enquête puisse en prendre connaissance ? Comment ne pas douter de la sincérité d’experts qui oublient de signaler les sommes que leurs versent les laboratoires dont ils se font les propagandistes, alors même que la loi impose de déclarer ces conflits d’intérêt ?

Des affaires médiatisées — Clearstream, les financements lybiens — viennent parfois jeter une ombre sur quelques personnages politiques ayant eu le malheur de perdre une élection. D’autres, comme les costumes d’un certain candidat, viennent parfois opportunément voler une victoire qui semblait acquise. Mais, pour une affaire qui sort, combien sont étouffées ? Combien d’hommes politiques finissent « blanchis au bénéfice du doute » ? Comme dans les périodes les plus noires de l’histoire, c’est la confiance dans le système politique tout entier qui est ébranlée. Les promesses non tenues, y compris les promesses de transparence, sapent cette confiance de manière délétère. Emmanuel Macron n’est-il pas celui qui affirmait, avant d’être Président, que tout ministre mis en examen devrait démissionner ? Et qui pourtant a conservé en fonction un Garde des Sceaux traîné devant la Haute Cour de Justice ? Que celle-ci l’ait finalement blanchi n’enlève pas la tâche de ce conflit d’intérêt de trop.

Bien sûr, en d’autres temps, il y a eu Suez, il y a eu l’affaire Dreyfus, et la corruption n’est pas née en l’an 2000, et encore moins en 2020. Mais elle est tellement devenue une arme politique qu’on finit par douter qu’il puisse rester une partie saine dans ce système. Même le Président de l’exécutif corse est accusé à demi mots par un célèbre journal parisien d’avoir transformé la Maison de verre qu’il affirmait vouloir ériger en antichambre de groupes mafieux, à l’occasion de la préemption d’un terrain sur l’île de Cavallo. Il est plus que probable que cette attaque soit infondée et finisse par faire long feu. Mais que des journalistes aient pu la mener, et donc que certains puissent douter, en dit plus long sur l’état de décomposition avancé de notre démocratie que quelques affaires qui occupent le devant de la scène. 

La corruption est proportionnelle à l’enjeu

Alors, les hommes politiques ou les experts d’aujourd’hui sont-ils plus mauvais, plus malhonnêtes, plus dépourvus de scrupules que ceux des siècles précédents ? Rien n’est moins sûr, même si l’on peut penser que le recul d’une certaine forme de morale publique n’arrange rien. Force est d’ailleurs de constater qu’à l’époque où la morale chrétienne tenait le haut du pavé, certains prélats ne s’en vautraient pas moins dans les turpitudes. On ne doit pas non plus négliger l’effet du processus de sélection des “élites mediatico-politiques”, que nous avions déjà souligné ici. 

33756656_8107039Mais le facteur majeur n’est pas lié aux qualités intrinsèques de la nature humaine, toujours aussi imparfaite. Le facteur essentiel est lié au système et aux enjeux qu’il offre. Rien en l’occurrence n’est plus faux que le dicton populaire « qui vole un œuf vole un bœuf ». Ceux qui volent des œufs sont généralement des pauvres affamés. Ceux qui volent les bœufs dont nous parlons ici sont loin de la misère. Mais « l’occasion fait le larron » ! Et l’enjeu encore plus. Ce n’est pas un hasard si la façon dont ont été négociés les contrats concernant les vaccins Covid ouvre tant de doutes. Il est bien plus facile et rentable de tenter de corrompre une poignée de personnes détenant un pouvoir de décision central sur des milliards d’euros, que de s’attacher à corrompre une multitude d’acteurs, chacun au pouvoir de décision plus limité. 

Le système de décision mis en évidence au moment du Covid présente les deux vices ouvrant une voie royale au mensonge et à la corruption : des enjeux financiers colossaux, un système de décision centralisé et non soumis à un contrôle indépendant. Méfions-nous des moralistes puritains qui fustigent la malhonnêteté des autres, souvent pour mieux masquer leurs propres faiblesses. Les Savonarole n’ont jamais fait avancer ni la Démocratie, ni la Liberté. Mais changeons le système de décision et de pouvoir pour offrir moins de tentations. La proximité, la subsidiarité ne rendent pas les hommes plus vertueux. Mais elles rendent simplement moindre les enjeux de pouvoir, et plus visibles et contrôlables les déviations. 

La Corse pourrait être, encore une fois, à l’avant-garde non d’une illusoire moralisation de la vie politique, mais d’une vraie démocratisation. Car, contrairement à une légende véhiculée par l’Etat français et ses différents supporters, ce n’est pas l’indépendance ou même l’autonomie de notre île qui faciliterait les emprises mafieuses, mais c’est bien sa dépendance d’un système politique centralisé, menteur et corrompu. Le pouvoir régalien n’a jamais quitté les mains de l’Etat, la JIRS — en charge du grand banditisme — n’est pas établie sur l’île, mais à Marseille, et on continue à vouloir nous faire croire que, si une mafia se développe sur l’île, c’est la faute aux Corses ! L’Etat a toujours choisi d’autres priorités en matière de répression, comme le rappellent les récentes descentes chez des militants nationalistes. Un tel État, menteur, de plus en plus éloigné des citoyens, serait la garantie d’une lutte plus efficace contre les dérives mafieuses qu’un gouvernement corse qui aurait à répondre devant son peuple ? Seuls une certaine dose de racisme anti-corse et un complexe du colonisé bien ancré peuvent encore conduire à y croire. 

A défaut d’hommes vertueux, il est temps de mettre en place un système vertueux. Qu’on le nomme démocratie intégrale, démocratie de proximité ou subsidiarité généralisée, il consiste à rapprocher les lieux de décision de ceux qui les contrôlent : le peuple souverain. Et ainsi à rendre mensonge et corruption plus contrôlables. 

Retour à la présentation globale