Mépris

PSM_V36_D704_Facial_expression_of_contemptL’interview de Gérald Darmanin dans Corse Matin du 16 février peut être résumée en une phrase : « Puisque les Corses ne sont pas capables de se mettre d’accord entre eux, je reprends la main ». Ou en un mot : mépris.

Ce mépris est présent depuis maintenant 7 ans dans les rapports entre l’Etat français et les  Corses. Il a particulièrement été marqué lors de la première visite d’Emmanuel Macron sur notre île en 2018. Renouvelé lors du grand débat. Réaffirmé par l’absence de mea culpa après l’assassinat d’Yvan Colonna dans une prison française. 

Il transparaît dans presque chaque phrase de l’interview du Ministre de l’Intérieur. Morceaux choisis (c’est nous qui soulignons) :  

  • Ce qu’il s’est passé à Centuri est inacceptable. 
  • Je regrette, […] de ne rien avoir de concret entre les mains. 
  • Pour réformer la Constitution, une écriture constitutionnelle est requise, je ne l’ai pas. J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes, si vous me permettez l’expression. J’inviterai, le 26 février prochain, à Paris, Gilles Simeoni, ainsi que les principaux responsables des familles politiques corses. D’une part, pour leur soumettre une rédaction qui sera amendable. D’autre part, pour vérifier si le travail de consensus, requête formulée par Emmanuel Macron, a été effectué. C’est parce que ces conditions n’étaient pas réunies que j’ai choisi de poursuivre les consultations et de prendre la main. 
  • Il est temps de ramasser les copies…
  • J’attends que le président Simeoni et la famille autonomiste saisissent cette main que nous leur avons tendue. Je voudrais rappeler que ce n’est pas le gouvernement qui demande l’autonomie.
  • À Gilles Simeoni de gérer le travail de compromis, je le lui ai dit. Je veux m’assurer que ce travail a été conduit. 
  • Pour le moment, je n’ai pas vu d’écriture constitutionnelle, c’est l’objet de mon agacement légitime et calme…
  • Et je constate que le président Simeoni n’a pas réussi à aller chercher des gens modérés comme Jean-Martin Mondoloni.
  • Je veux qu’il y ait une discussion entre le sénateur Panunzi et le président Simeoni. 
  • Je déplore le manque de courage de la non-condamnation…
  • Quand je lis dans la délibération “Autonomia” que personne ne viendrait contrôler la norme créée par l’Assemblée de Corse, c’est évidemment inacceptable.

Arrêtons-nous là dans cette énumération débilitante. Un ton de maître d’école, qui tance vertement cet élève pourtant doué qu’est Gilles Simeoni. Doué, mais insuffisant en la matière. Il ne fait pas bien le job que lui a confié le gouvernement français !

Quand l’empereur germanique Henri IV est allé à Canossa en 1077, au moins était-ce pour lever une excommunication et l’enjeu en était un Empire. Est-ce que les élus de l’Assemblée de Corse, Gilles Simeoni en tête, iront pour un simple gadget ?