On apprend aujourd’hui dans Corse Matin qu’un dangereux chef mafieux italien, récemment évadé d’un QHS sarde, a été ”interpelé en douceur” (sic) par les gendarmes à Aléria. Deux jours plus tôt, deux militants nationalistes avaient été interpellés, sans la moindre douceur, par les « anti terroristes ». La violence ne vient pas toujours d’où on le prétend.
Je connais Antò, l’un des militants arrêtés. C’est un homme calme. Un père de famille. Il n’avait évidemment aucune raison de se cacher, il ne s’était évadé d’aucune prison, et nous l’avions vu en public ce dimanche. Pourquoi donc faire exploser la porte de son appartement ? Pourquoi le braquer, le plaquer à terre ? Pourquoi détruire au passage les jouets de ses enfants ?
On peut être convaincu qu’Antò et Nicolas sont innocents de ce que leur reproche le parquet anti-terroriste, ou pas. On peut approuver les actions du FLNC, ou pas. Mais on ne peut pas, on ne doit pas fermer les yeux devant une violence d’Etat provocatrice, inutile, déplacée, quand en même temps un chef mafieux condamné et évadé a, lui, droit aux égards d’une arrestation “en douceur”.
La violence est toujours un aveu de faiblesse. La violence n’est jamais une solution durable. Elle est parfois nécessaire, mais ne peut être qu’un ultime recours. En Corse, celle de l’Etat français semble être un traitement de première intention à tous les maux dont souffre notre île. Ça ne marchera pas. Il est temps de lui dire STOP.
