Autonomia : la faute à qui ?

x720Ainsi donc, si tout se passe bien, la Corse aura “bientôt” un nouveau statut, et même un article dédié dans la Constitution française, qui consacrera son autonomie. Le Président de l’exécutif Corse en a même fait le point focal de ses vœux de cette nouvelle année. 

Si tout se passe bien : un consensus obligatoire (selon le chef de l’Etat français) avec les forces qui, sur notre île, se sont historiquement toujours opposées à l’autonomie ; une majorité suffisante 

pour une réforme constitutionnelle au Parlement français, dont le groupe principal au Sénat a récemment expliqué qu’il ne voyait pas l’intérêt d’une telle autonomie ; et bien sûr, le maintien de cette priorité dans l’agenda déjà chargé du nouveau gouvernement. Mais bon, le Président Macron l’a promis, et l’on sait depuis six ans maintenant la valeur de ses promesses !

Et si, au-delá des scepticisme, ce statut voyait le jour, cela changerait-il vraiment quelque chose pour les Corses ? Un mot jusque-là tabou serait enfin consacré, et nombre de Corses pensent qu’il ne faut pas laisser passer une telle opportunité. Mais, en regardant de plus près le contenu de ce mot, on voit se dessiner quelques restrictions ! Une “autonomie à la Corse”, a précisé le Président francais, balayant ainsi toute référence aux statuts d’autres îles méditerranéennes ou à celui de la Nouvelle Calédonie. Une autonomie “à la française”, aurait-il mieux dit : pas de pouvoir législatif, un pouvoir normatif et d’adaptation sous surveillance. Bref, une décentralisation régionale un peu poussée, comme l’ont d’ailleurs perçu la plupart des autres régions de France, qui réclament aujourd’hui le même statut — putatif, devrions-nous préciser !

Comment, après plus de 40 ans de lutte de libération nationale, en sommes-nous arrivés là ? La question mérite d’être posée, non pour régler des comptes, mais pour préparer le futur. Le sujet est suffisamment important pour mériter quelques développements. C’est donc quatre articles et non pas un que nous y consacrerons dans les jours qui viennent. Et nous reviendrons sûrement encore sur cette question tout au long de l’année.

En attendant, Liassi! vous présente ses meilleurs vœux pour 2024 ! Pace, salute è libertà !